Avec l’automatisation, l’homme décide de s’auto-remplacer

C’est un constat inquiétant : au cours des trois dernières décennies, l’automatisation a détruit plus d’emplois qu’elle n’en a créé. Une étude réalisée par deux professeurs du MIT – Daron Acemoglu et Pascual Restrepo – le démontre et surtout l’explique :

  • l’automatisation n’a pas permis de créer de nouvelles ‘tâches‘, celles justement susceptibles de créer du travail pour les humains remplacés par les Robots/Algorithmes (document #1 en fin de chronique)
  • le vieillissement de la population est un formidable facteur d’accélération de l’automatisation. Il suffit pour s’en convaincre de constater que l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud ont en commun un taux d’automatisation très élevé et une population vieillissante. (document #2 en fin de chronique)

La Grande Substitution n’est pourtant pas inéluctable

Paradoxalement, la Substitution Êtres-Humains/Robots-Algorithmes est voulue par l’être humain lui-même :

  • la plupart de l’investissement dans la Robotique/Intelligence Artificielle se concentre sur la question ‘comment faire mieux qu’un être humain ?‘. Il suffit de lire la presse pour découvrir une IA meilleure qu’une chirurgienne pour opérer, que des Robots remplacent des serveurs dans les restaurants, que la reconnaissance faciale se substitue aux contrôles humains,
  • pour les chercheuses et les chercheurs il est facile de mesurer le succès de leurs recherches avec des métriques de productivité, de scoring quantitatifs en comparant les résultats d’un Robot/IA par rapport à celui d’un humain (comparer une capacité par rapport à une autre, c’est objectif et…confortable),
  • Il existe donc un biais dans la recherche appliquée pour satisfaire l’égo des chercheuses et chercheurs (être publié.e, reconnu.e, et peut être même devenir….riche) et ce biais joue en défaveur de l’humain.

Heureusement la recherche appliquée peut se défaire de ce biais en prenant en compte une donnée toute simple, celle de l’économie (It’s economy, stupid!).

Plutôt que de chercher à substituer l’un à l’autre, il est économiquement plus intéressant de chercher des complémentarités (le gagnant/gagnant plutôt que le gagnant/perdant). Et donc d’appliquer les recherches sur des Robots/IA radicalement différents de l’être humain et de ses capacités (limitées) ou justement augmentant celles-ci :

Même si la partie est mal engagée, il n’y a pas de fatalité. La recherche de la ‘gloire’ pour les chercheurs, du ‘profit’ pour les organisations est un fait objectif. Celle de voir un jour l’humain désœuvré, sans travail, assisté et pauvre est un des futurs possibles. Or c’est l’humain qui décide. Pas encore le Robot ou l’Intelligence Artificielle…

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