Votre organisation est en crise ? Nommez une femme à sa tête

Vous connaissez le mot uchronie ? Petit aller/retour rapide vers le dictionnaire pour définir un mot concept dont nous abusons souvent. L’uchronie c’est refaire l’histoire en pensée telle qu’elle aurait pu être et qu’elle n’a pas été. Voici l’une des uchronies les plus célèbres :

Partant de ce mot, il est possible de réinventer l’histoire (virtuellement bien sûr…). Et notamment en se posant cette question : et si telle crise ou tel pays ou telle situation avait été géré par une femme plutôt que par un homme. Allemagne, Japon années 20/30. France Telecom année 90/00.

Question pertinente si l’on prend en compte les enseignements d’une étude publiée il y a quelques mois dans la revue Psychology of Women Quarterly.

La confiance procure aux femmes un avantage pour gérer certaines crises

La chercheuse Corinne Post Lehigh University (USA) résume une partie des résultats de l’étude à laquelle elle a participé :

“Pour résoudre une crise qui les touche, les membres d’une organisation font plus confiance à une personne ayant des qualités relationnelles et surtout à une femme plutôt qu’à un homme. Ceci n’étant vrai que pour les crises dont l’issue peut être envisagée.”

Pour simplifier votre lecture, nous vous épargnons les détails du protocole de l’expérience ayant permis de dégager ce résultat (pour aller plus loin, c’est ici). Par crise on entend : perte ou piratage des data des clients, désastre écologique…

Les femmes en moyenne sont plus douées que les hommes pour les relations avec autrui

Vous avez sans doute lu “Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus”. D’autres livres, études, recherches attestent cette vérité. Une requête sur Google ou Qwant vous fournira en la matière tout ce dont vous avez besoin pour vous en convaincre.

Or, une partie importante la qualité d’une relation est liée au Management des Emotions Interpersonnelles (MEI) : moins vous subissez les émotions plus vos relations avec autrui sont efficaces, constructives, efficaces.

Parce qu’elles savent mieux que les hommes créer des relations, les femmes génèrent plus de confiance et même plus d’engagement de la part des collaborateurs pour faire les efforts nécessaires à la sortie de crise. Elles créent de la bonne volonté et de la collaboration.

Mais uniquement si les modalités de sortie de crise sont ‘connues’. Il n’y a aucune différence de genre pour la résolution des crises à modalités inconnues. Ainsi des crises nécessitant de prendre des risques ou de mettre en place un niveau de communication intensif. En ces circonstances le genre s’efface devant la personnalité du leader (charisme, sens de la décision, capacité d’action).

La première leçon de cette étude est que si une organisation fait face à une crise nouvelle et qu’elle est dirigée par une femme, il ne faut pas remplacer celle-ci par un homme. Nous le précisons car certain.e.s pensent encore qu’une homme ferait mieux qu’une femme en cas de problème. Non tout ne tient pas aux hormones.

La deuxième leçon est pour les femmes. Sachez, mesdames, cultiver ce ‘don’ de la nature (i.e. du genre) pour nous en faire bénéficier le cas échéant.

Enfin concluons que la nomination de deux femmes aux deux postes les plus importants en Europe est sans doute une chance pour toutes et tous. En attendant de voir comment les machos (Victor Orban par exemple) se comporteront avec mesdames Ursula von der Leyen et Christine Lagarde.