Blockchain, l’ambiguïté de la tentation

La Blockchain souffre d’un péché originel, celui d’avoir été le sous-jacent technologique de l’émergence des Bitcoins et autres crypto-monnaies. Heureusement son ‘image’ a évolué et il est maintenant intéressant d’analyser le potentiel de cette techno pour le business. C’est ce que propose l’étude Deloitte’s 2019 Global Blockchain que nous avons lue pour vous.

Une technologie qui atteint sa maturité

Pour réaliser son étude Deloitte a interrogé des cadres exécutifs ou supérieurs de 1 386 entreprises dans 12 pays. Ces cadres exerçaient essentiellement dans les fonctions IT.

Pour les répondants, et avec 10 points de plus qu’en 2018, la Blockchain est une priorité :

Les entreprises utiliseront cette techno car elle répond à des objectifs business/opérations. L’écosystème (clients, fournisseurs…) souhaite l’adopter notamment parce qu’elle devrait permettre des gains de compétitivité. A noter toutefois que les répondants ne sont plus que 56% a considérer qu’elle va ‘disrupter’ leur secteur d’activité (vs. 59% en 2018).

Les barrières (à l’implémentation) sont de moins en moins fortes. La blockchain devient une alternative à des systèmes existants. Elle est considéré comme ‘secure’ et elle s’inscrit dans un cadre réglementaire rassurant.

Ok, cette techno fonctionne. Mais pour quel(s) objectifs(s) ?

Car c’est bien là la grande interrogation révélée par l’étude de Deloitte. Les répondants sont maintenant rassurés et ils sont même désireux de mettre en place une blockchain. Ils se sentent confiants pour la déployer. Mais cette tentation des cadres IT ne trouve pas de débouchés pour le business/opérations.

Les répondants sont dorénavant ‘évangélisés’ : le marketing des fournisseurs (solution de blockchain-as-a-service par exemple) a fonctionné. Cette techno permet d’aller plus vite, plus surement (pensez à la chanson des Daft Punk – Harder, Better, Faster, Stronger). Oui mais vers où, pour remplacer quel système déjà opérant et sur lequel des investissements déjà conséquents ont été réalisés ?

La rupture technologique cherche la rupture opérante. Et pour le moment les cas-d’utilisation sont fragmentaires, minimes par rapport à l’effet ‘mode’. Sont plus évoqués des concepts que des process : transaction, smart-contract, monnaies digitales.

Heureusement Deloitte livre avec son étude de très nombreux cas d’utilisations concrètes. Ce sont ces exemples qu’il faut découvrir en se posant la question de l’intérêt pour son organisation : accélérer une transaction, anonymiser et stocker des data sensibles…

La lecture régulière de sites dédiés à cette nouvelle techno, tel que Cointelegraph, peut être utile pour voir au quotidien comment la blockchain se propage aux seins d’organisations publiques et privées (comment, par exemple, PWC, en Écosse, gère les diplômes de ses auditeurs/auditrices).

Et sans doute les entreprises auraient-elles intérêt à mettre en œuvre des Comités Blockchain – mixant IT et Business – pour organiser une veille et passer en revue les opérations qui pourraient/devraient bénéficier des nombreux avantages de cette nouvelle technologie. Et ainsi sortir de l’ambiguïté de la tentation.

Une chronique que vous auriez pu proposer à votre écosystème sur votre site ou votre compte LinkedIn. Pour en savoir plus n’hésitez pas à nous contacter…